Pourquoi la solitude du leader est-elle une nécessité ?

Pourquoi la solitude du leader est-elle une nécessité ?

La solitude du leader : pourquoi est-elle nécessaire ?

Si vous voulez être un leader indépendant, charismatique et assumer vos décisions sur le long terme, voici pourquoi vous devez apprendre à tirer parti de la solitude.

 

Un leader est rarement seul mais il peut vivre sa position comme difficile, face à la solitude intérieure qu’il ressent fréquemment. Seul à décider, seul à croire à l’avenir, seul à faire preuve de perspicacité, seul à déjouer les jeux de rôle de chacun ou les conflits, seul à rechercher la vérité qu’on lui cache souvent, pour prendre les meilleures décisions… Pourtant la solitude est une des plus importantes nécessités du leadership. On le sait généralement pour s’en rendre compte sur soi-même ou pour observer certains leaders qui croisent notre route professionnelle ou personnelle, le fait d’avoir été un brillant étudiant, même dans les meilleures écoles du monde, ne fait pas de vous un bon leader. Nous pouvons tous être fantastiques et doués dans notre spécialité mais ne jamais devenir un leader. J’ai longtemps réfléchi à cela, ne serait-ce que parce qu’il m’a fallu aider à plusieurs reprises des dirigeants à passer des caps difficiles dans leurs activités. Voici donc 5 raisons de cultiver, voire d’aimer votre solitude en tant que leader.

solitude du leader

1. La solitude du leader lui confère sa liberté de penser de manière indépendante

Selon ce que j’ai observé, être leader ce n’est pas parvenir au sommet, se débrouiller mieux que les autres au travers des méandres de la politique interne ou faire partie d’un réseau étendu. Tout cela compte dans l’exercice du leadership mais ce n’est pas ce qui distingue un vrai leader, d’un leader en titre. Ce qui va faire la différence entre l’un et l’autre, c’est la capacité réelle du premier à essayer de changer la façon dont les choses se font ou au moins, de savoir questionner si les résultats ne seraient pas meilleurs en faisant autrement. En somme, c’est la capacité du « vrai leader » à prendre certaines libertés de réflexion et d’action par rapport au conformisme général. La crise du leadership intervient lorsque trop de leaders deviennent convaincus qu’il suffit de suivre les préceptes appris dans leurs études supérieures ou en lien avec la culture de l’entreprise, sans jamais questionner la routine. Ils peuvent répondre aux questions mais ils ne savent pas comment les poser. Ils peuvent atteindre les objectifs mais ne savent pas comment les fixer. Ils réfléchissent comment faire les choses mais pas sur l’intérêt de les faire. La capacité à prendre du recul seul, sans se laisser influencer, fait toute la différence entre un leader authentique et un leader issu de la technocratie.

solitude du leader

2. La solitude du leader lui donne la possibilité d’être créatif

Le rôle d’un leader est de suivre une vision, qu’elle soit la sienne ou celle de son entreprise. Cela demande avant tout de penser de façon créative ou tout au moins, d’apprendre à cultiver une indépendance d’esprit. Dans le cas contraire, il ne s’agira pas de leadership mais plutôt de régimentation de l’esprit, c’est-à-dire une disposition naturelle à suivre la politique fixée par d’autres, sans y apporter sa propre contribution. Pourtant ce que l’on entend communément par leadership, c’est avant tout la capacité à exercer un jugement indépendant, la liberté de recourir à l’action et d’exprimer un désaccord même vis-à-vis de sa hiérarchie. Dans le cas contraire, on ne parlerait pas de leadership mais de système tyrannique dans lequel chacun aurait un rôle assigné et aucune marge de manœuvre. Un leader est avant tout quelqu’un capable de penser de façon indépendante, créative et souple. C’est ce qui va lui permettre de déployer un ensemble de compétences dans une situation fluide et complexe. Si l’on est d’accord sur cette idée, cela suggère qu’un leader doit apprendre à faire agir son intuition et celle-ci nécessite beaucoup d’idées d’une part mais aussi un temps de solitude, où il va laisser infuser les idées et être créatif.

3. La solitude du leader lui donne la possibilité d’être concentré

Une étude menée il y a plus d’une décennie à Stanford auprès de centaines d’étudiants, a montré que même avec des capacités cognitives élevées, personne n’arrive à travailler en multitâches avec efficacité. Il est tout simplement impossible de prendre du recul et de penser stratégiquement, en ayant un esprit happé par des dizaines de tâches à la fois. La conséquence la plus négative qui en résultat est le fait, selon les chercheurs de cette étude, que moins l’on prendre de recul plus on est distrait et moins l’on est capable de discerner ce qui pertinent. Cela conduit, toujours selon les mêmes chercheurs, à un « défaut de classement mental », c’est-à-dire une difficulté à conserver les informations utiles dans les bonnes parties de notre cerveau pour les réutiliser au moment propice. En résumé le multitâche ne consiste pas seulement à ne pas penser, cela nuit également à votre capacité de le faire et peut conduire à des erreurs. Penser signifie se concentrer sur une chose suffisamment longtemps pour développer une idée propre à son sujet. D’expérience, les premières pensées ne sont jamais les meilleures. Nos premières pensées sont souvent celles des autres ou de ce que l’on pense inconsciemment comme étant celles que l’on attend de nous. C’est seulement en se concentrant, en approfondissant la question, en étant patient, en laissant toutes les parties de son esprit entrer en jeu, que nous arrivons à une idée originale. De plus une seule idée ne suffit pas. Il faut beaucoup de bonnes idées et du temps pour les combiner et trouver enfin un début de bonne idée, que l’on va ensuite tester et ajuster. Le travail n’est jamais vraiment terminé pour un leader. C’est une manière d’être et de penser qui se nourrit d’elle-même à travers une forme de solitude choisie.

solitude du leader

4. La solitude du leader lui donne le courage d’exprimer ses idées

L’intuition intervient toujours lorsqu’il s’agit de résoudre une situation complexe. L’intelligence va alors fonctionner en passant en quelques sortes par des autoroutes rapides mais cela ne peut se produire qu’à partir du moment où l’on aura envisagé plusieurs solutions, puis où l’on sera capable de reposer son esprit pour laisser agir le cerveau à un autre niveau. C’est dans la solitude choisie et nourrie que l’intuition va le mieux fonctionner – par exemple en allant marcher seul ou en pratiquant une activité qui apporte une grande fluidité personnelle (pour ceux qui connaissent : le flow). La décision qui émane de l’intuition donne souvent plus de confiance nécessaire et de courage pour défendre ses idées, même si celles-ci ne sont pas accueillies de manière enthousiaste.  Le leader est quelqu’un qui doit développer un courage moral à défendre ce en quoi il croit et cela ne sera jamais facile. De plus, être un leader est plus souvent une posture où l’on doute que le contraire. La question est que faire de nos doutes ? Les nier ? Rechercher la solution auprès des autres ? Se confronter honnêtement à soi, avec courage ?

5. La solitude du leader lui donne l’occasion de se trouver soi-même

Après tout pourquoi devenir et être un leader, si ce n’est pour avoir l’occasion de vivre en défendant ses convictions, voire ses idées et pour se trouver soi-même ? Le leadership est une posture exigeante mais c’est aussi une manière d’explorer la palette infinie de nos potentiels personnels. Certes cela passe par l’introspection et la solitude mais ce sont peut-être en définitive de grands cadeaux pour un leader, pour devenir sans cesse. Le leadership n’est en effet jamais un exercice abouti mais toujours en mouvement. C’est ce qui lui donne la possibilité de repousser sans cesse les limites de l’inconnu et de connaître une forme d’exaltation, que l’on ne vivra pas aussi intensément dans d’autres fonctions. Quoi de plus excitant que d’apprendre sans cesse ? L’inverse revient à des situations que nous ne connaissons que trop bien dans notre monde moderne : la vanité et la suffisance de ceux qui savent tout, sur tout. La solitude dans le cas du leader ne doit pas être vécue comme triste et morne mais comme quelque chose à cultiver pour s’élever au-dessus du doute et trouver les moyens de l’action juste.

solitude du leader

La solitude est l’essence même du leadership

Et c’est un Art que de la cultiver et de penser par soi-même ! Cela signifie d’abord se trouver soi-même, trouver sa propre voie, écouter sa propre voix. Vous devez savoir qui vous êtes et en quoi vous croyez.  L’amitié peut vous aider en tant que leader à partager vos réflexions et vos doutes. C’est même un très bon moyen dans certains cas mais la première amitié que vous avez intérêt à entretenir, c’est avec vous-même, dans un dialogue intime que seule la solitude peut vous procurer. C’est aussi ce qui vous aidera le plus à assumer vos décisions jusqu’au bout, voire à les argumenter. Le leadership signifie avant tout : trouver une (nouvelle) direction. En définitive, la position d’un leader est intensément solitaire. Peu importe le nombre de gens que vous pourriez consulter, vous êtes celui qui doit prendre les décisions difficiles. Et à de tels moments, tout ce que vous avez c’est vous-même et votre capacité à utiliser toutes vos facultés intuitives.

Isabelle Cham Conseil

soutient le développement des dirigeants, des équipes et des organisations à travers la prospective, la mobilisation du leadership, la gestion du changement et la communication d’impact. Retrouvez toute l’information sur le site.

Sortez la tête de l’eau et augmentez votre impact personnel

Sortez la tête de l’eau et augmentez votre impact personnel

Sortez la tête de l’eau et augmentez votre impact personnel

Pas un leader que je rencontre sans me dire combien il est occupé. Un peu, beaucoup, énormément, passionnément, à la folie : cela varie en fonction de l’impact que chacun recherche. Derrière le déclaratif « je suis tellement occupé(e), que… » se cache très souvent un raisonnement erroné. Pourquoi et comment pouvez-vous arrêter d’être « occupé » et vous concentrer à augmenter votre impact de leader ?

gestion du temps

Leçons de vie

Je suis adepte de la marche et en particulier dans le désert. J’ai appris trois choses importantes au contact de cette nature particulière et de ses habitants.

  • Le ciel est étoilé toutes les nuits : à nous de lever le nez.
  • Le désert se déplace sans cesse : à nous de nous ajuster.
  • Les chemins ne mènent nulle part en apparence : à nous de changer de perspective.

Mes conclusions : tout problème bloquant demande :

  • De prendre de la hauteur
  • De comprendre les forces en action
  • De changer notre manière de voir les choses.

Il en va exactement de même pour arrêter d’être sans cesse débordé, au point ne plus voir quel impact nous créons réellement ou pas dans nos fonctions de leader.

gestion du temps

Les risques

Il y a des risques à se laisser entraîner sans cesse dans l’activisme et dans tout type d’activités, sans discernement. Au départ on perd simplement le fil de nos priorités. Nous avons encore le temps d’y remédier mais si nous ne le faisons pas, nous évoluons vers le stress. Puis le stress s’auto-alimente, en se nourrissant de nouvelles urgences : nous plongeons dans le multi-tâches, désordonné et sans cohérence, sinon de remplir un vide toujours plus grand. Cela nous conduit à décharger une adrénaline trop importante qui nous conduit à développer un goût pour le « toujours plus occupé », « toujours plus urgent ». C’est ainsi que l’on oublie de servir notre projet professionnel, en donnant le meilleur de notre énergie à notre employeur ou à nos clients !

Où se cache l’erreur ?

Dans notre cerveau évidemment : il y a presque une forme de procrastination qui s’élabore sournoisement en nous pour ne pas développer notre véritable ambition. Cela exigerait de notre part la prise de risque et de se singulariser. Pourtant avant cela, notre principale erreur est de ne pas se référer à notre tableau d’ensemble (réf. « le ciel étoilé ») : quel est notre grand projet professionnel ? Sans ce dernier et quelques outils, il est compliqué dans le feu de l’action et au jour le jour, de gérer les priorités (réf. « savoir nous ajuster ») et surtout de définir spontanément dans notre tête, si celles-ci nous rapprochent ou nous éloignent de notre dessein (réf. « savoir changer de perspective »).

Les symptômes sous-jacents

« Être toujours trop occupé » est un symptôme. Parfois les leaders sont bien organisés mais toujours « très occupés » malgré tout, ce qui dissimule un manque de concentration et même disons-le, une difficulté à assumer la tâche, somme toute harassante, de réflexion stratégique et de décisions à prendre. Difficile de prendre du recul, c’est certain mais pensez aux décisions que vous avez prises les trois derniers mois par exemple. Vous ont-elles aidé à développer vos objectifs personnels et en quoi cela vous a permis d’augmenter votre impact (créer plus d’autonomie, plus d’influence, plus de compétences) et celle de votre équipe ? Le tableau ci-dessous peut vous y aider. Vous le connaissez certainement. Il n’en reste pas moins un outil intéressant pour faire la part des choses et prendre du recul. Ensuite reportez-vous à la matrice suivante, pour savoir comment gérer votre temps judicieusement.

gestion du temps

Evitez la zone où vous ne faites aucune différence

Une manière simple de comprendre où se situe la valeur que vous créez, est de tenir compte à la fois de l’urgence de vos activités et de l’impact que vous créez, réellement. C’est ce qui vous permet d’évaluer périodiquement où vous apportez la plus grande contribution. Le but ici est de consacrer autant de concentration et d’efforts que possible dans le quadrant 2, où vos tâches créent beaucoup de valeur, et sans que vous ayez à travailler dans l’urgence permanente. Il y aura toujours des activités à suivre qui se retrouveront dans le quadrant 1 mais l’idée est bien entendu de les réduire considérablement, en redéfinissant vos priorités, en déléguant ou en repoussant à plus tard. Si vous êtes un éternel « occupé », votre défi est de sortir au maximum du quadrant trois qui ne requière que de l’adrénaline en surdose. C’est là que vous passez votre temps à gérer des listes de tâches sans créer de valeur et surtout, où vous ne faites aucune différence. 65 % de vos activités doivent figurer dans le quadrant deux (fort impact, forte valeur ajoutée) et faire l’objet d’une planification soignée. Gardez cette feuille de route en tête et redresser la barre aussitôt que possible lorsque vous sentez que vous glissez dans le quadrant 1 et pire, dans le quadrant 3.

gestion du temps

En résumé

Dans l’ordre décroissant :

Objectif N° 3 : Concentrez-vous sur l’activité qui vous apporte le plus d’impact et de valeur dans 65% des cas.

Objectif N° 2 : Faite la différence en sélectionnant les activités sur lesquelles vos compétences vous permettent d’apporter le plus de valeur.

Objectif N° 1 : le plus important ! Sachez clairement ce que vous souhaitez développer à titre personnel et au titre de votre équipe.

Tout part de là pour générer les idées d’avenir qui vous tiennent à cœur. 👇

Isabelle Cham Conseil

soutient le développement des dirigeants, des équipes et des organisations à travers la prospective, la mobilisation du leadership, la gestion du changement et la communication d’impact. Retrouvez toute l’information sur le site.

Les secrets de notre cerveau pour résister à nos désirs les plus profonds

Les secrets de notre cerveau pour résister à nos désirs les plus profonds

Etes-vous sûr de vous sentir à la hauteur du prochain défi qui vous attend ?

Tout savoir sur les secrets de votre cerveau pour résister à vos désirs les plus profonds et comment contourner la difficulté pour rester motivé dans vos fonctions de leader.

Quelque chose d’intéressant se passe dans le cerveau humain lorsque nous obtenons ce que nous voulons. Lorsque nous imaginons les objectifs que nous souhaitons atteindre, nous le faisons souvent en espérant qu’ils amélioreront notre qualité de vie de manière tangible. Cependant cela se passe rarement ainsi. Pourquoi et comment y remédier dans vos fonctions de leader ?

défis et leadership

Le cocktail neurologique imprévisible

Sur le plan neurologique, lorsque nous obtenons quelque chose que nous désirons vraiment, nous commençons simplement à en vouloir davantage. De nouvelles recherches sur la nature de la substance chimique de la dopamine ont mis en relief sa complexité. On la croyait «l’hormone du plaisir » mais on découvre qu’elle joue un rôle dans le fait de repousser le désir toujours plus loin. Face à un projet qui demande un certain investissement personnel sur le long terme et qui nécessitera forcément de dépasser des obstacles, le rôle de la dopamine peut donc amener à saboter nos efforts pour continuer à avoir du plaisir de désirer plus et non d’obtenir. Notre cerveau nous pousse alors à croire qu’une fois l’objectif atteint, nous allons perdre ce plaisir et nous mène inconsciemment à penser que de toute façon « nous ne sommes pas à la hauteur du défi ». Il nous détourne alors sur un autre objectif « désiré » et la dopamine jouera à nouveau son rôle, en nous aidant à désir plus, jusqu’à ce que l’on se rapproche à nouveau de l’objectif, sans pour autant chercher à leur concrétiser.

👉Dans La  molécule de More, le Dr. Daniel Z. Lieberman explique que les experts qui ont étudié l’hormone ont découvert que nous sommes obsédés par les choses que nous désirons et blasés lorsque nous les obtenons. Ainsi des gens très motivés sur un projet, vont rarement jouir de leur succès. La dopamine ne procurerait pas le plaisir mais le « plaisir » de vouloir en avoir toujours plus.

défis et leadership

Le responsable : la dopamine

Imaginez  : vous avez réuni tous vos talents et votre courage pour obtenir ou créer un projet professionnel que vous désirez (ou tout autre chose).  Vous êtes passé à l’action et vous rencontrez une série d’obstacles, que vous pouvez 9 fois sur 10 surmonter mais dans votre tête, ils restent insurmontables. Un cocktail toxique neurologique s’accumule alors, avec pour effet de vous asséner des préjugés sur vous-même ou sur vos aptitudes, de plus en plus fréquents. Vous commencez à redouter l’échec, d’autant plus cruellement que personne ne vous a poussé à désirer et à prendre des risques. Vous commencez à diffamer l’objet même pour lequel vous travaillez depuis un moment. Cela se traduit par : « je ne suis pas … » dans votre tête (je ne suis pas assez compétent ; je n’ai jamais été assez bon dans ;  c’est trop tard ; cela n’a plus de sens pour moi ; les autres ne comprennent pas …). Que ce soit vous qui le pensiez ou que vous preniez les premières critiques de plein fouet, c’est la même chose. C’est toujours un travail d’auto-diffamation car dans le cas contraire, vous pourriez mettre les critiques en perspective (je ne dis pas que c’est facile !). En vous, un processus d’auto-sabotage se met en place pour nourrir votre cerveau d’un plaisir permanent : celui encore une fois de désirer plutôt que d’accomplir. « Pourquoi lutter ? Mieux vaut passer à quelque chose de moins difficile ou moins risqué ! « , se répète votre cerveau, en boucles. De vous-même, vous annulez tous vos efforts passés, en croyant sincèrement que ce n’est pas  votre voie.

défis et leadership

Comment déjouer les jeux de pouvoir de notre cerveau sur notre motivation ?

Qu’est-ce que le génie ? Avoir un but élevé et vouloir les moyens d’y parvenir.

(Friedrich Nietzsche)

Le problème c’est que cela peut se produire une fois, deux fois, trois fois même mais lorsque cela se heurte à un projet qui a du sens pour soi et qui correspond souvent à une transition de vie professionnelle nécessaire, cela amène beaucoup de souffrances et de perte de confiance en soi. C’est souvent ce qui se passe en milieu de carrière, au moment même où il est nécessaire de prendre un virage. Alors quelle est la solution ? Elle réside dans la prise de conscience :  arrêter de « vouloir » mais se donner tous les moyens de passer à la phase de réalisation. Cela passe nécessairement par un biais cognitif qui sera ce que l’on désire « être » profondément. Comme tout cela peut être encore flou tant que l’on ne travaille pas sur soi un minimum, il faut en tout état de cause garder en tête différentes informations :

#1  Ne pas se faire piéger par le syndrôme de « l’herbe est plus verte ailleurs »

Lorsque nous désirons quelque chose, c’est souvent parce que nous pensons que cela changera notre vie. Il y a souvent un côté irréaliste à penser que ce que nous désirons va nous « sauver » de la situation actuelle (de l’ennui, des soucis actuels, de la peur…). Cependant tout changement passe par des phases d’apprentissage et donc d’échecs. Si nos désirs restent ancrés dans le fantasme d’une vie meilleure, le premier échec nous semblera insurmontable.

👉 Conseil : ne jamais choisir sur la première « bonne idée » qui nous vient en tête. Choisir à partir de beaucoup de « bonnes idées ».

 

#2 Ne pas céder au jeu des comparaisons

Il faut avoir conscience que pendant toute la période (parfois longue) durant laquelle nous allons chercher à réussir, notre cerveau va en quelque sorte passer sa vie à justifier et valider notre position de vie, ne serait-ce qu’avec l’intention de « nous protéger » de souffrances excessives (la remise en question n’est jamais simple, admettons-le !). C’est une des raisons pour lesquelles nous développons l’envie des autres, en particuliers ceux qui ont réussi là où nous désirons réussir nous-même. Nous les affublons de critiques sans ménagement ; Nous pensons que « nous pouvons faire tellement mieux qu’eux », « plus facilement » ;  « qu’ils sont déjà dépassés ». Nous devrions au contraire, sans chercher à nous comparer, apprendre de ceux qui nous inspirent la réussite que nous recherchons pour nous même, sans devenir esclave de l’image qu’ils projettent sur nous. Ils sont forcément eux-aussi en recherche de progression sur d’autres plans que nous n’avons pas encore atteints mais qui nous concerneront un jour. Le jour où nous nous rendons compte que nous n’avons plus besoin de nous en inspirer, c’est que nous avons fait notre chemin intérieur et que nous avons augmenté nos compétences. Cependant, au moment où la réussite commence à poindre le bout de son nez, notre cerveau va nous tendre un troisième piège !

« Tu vaudras aux yeux des autres ce que tu vaux d’abord à tes propres yeux »

(Proverbe Latin)

#3 Ne pas céder au syndrôme de l’imposteur

 Si nous tenons suffisamment dans l’effort et commençons à atteindre notre objectif, nous allons ressentir des peurs irrationnelles de ne pas être à la hauteur des enjeux qui se présentent alors à nous et de notre légitimité à occuper la place qui nous revient. Nous allons commencer à nous dire « que nous ne sommes pas prêt » pour la grande bascule, que « ce n’est pas le moment de faire éditer notre livre » ou de « créer notre entreprise » ou de « prendre la direction de… » ou de « parler à notre N+1 de la suite… » … Pourquoi ? Parce que notre cerveau nous envoie une série d’informations inconscientes qui nous font craindre l’échec.  Face à un projet qui vous tient à cœur, ce n’est pas le moindre des défis qui nous attend ! C’est peut-être le plus difficile : passer de l’idée d’« agir pour » (agir pour réussir vraiment !) à l’idée de « prospérer enfin » (c’est-à-dire de recueillir le fruit de nos efforts passés, sans s’endormir dessus certes mais sans craindre non plus de tout perdre).

défis et leadership

Cesser de s’égarer

La véritable force est celle que nous exerçons à chaque instant sur nos pensées, nos sentiments et nos actes

(Morikei Ueshiba, fondateur Aïkido)

Cela reste difficile de se percevoir soi-même et encore plus de percevoir les mécanismes secrets de notre cerveau mais l’idée, c’est de cesser de s’égarer et d’accomplir des actes constructifs à la hauteur des efforts engagés sur la durée. Il est encore plus difficile de reconnaître que très souvent, les choses que nous envions chez d’autres sont le reflet de nos désirs les plus profonds ; Ceux que nous ne nous permettons pas (encore) d’obtenir et d’assumer pleinement. Maintenant que vous êtes au fait que votre cerveau est « conçu » pour vouloir toujours plus, déjouez autant que possible ses mécanismes ravageurs sur vos efforts. Accrochez-vous, croyez dans vos ressources personnelles pour dépasser les obstacles ; Ne désirez pas sans cesse : jouissez de ce que vous vivez maintenant dans le processus qui vous mène à réaliser et accomplir pleinement vos projets et développer des méthodes pour réaliser vos ambitions et votre vision de leader 👇

Isabelle Cham Conseil

soutient le développement des dirigeants, des équipes et des organisations à travers la prospective, la mobilisation du leadership, la gestion du changement et la communication d’impact. Retrouvez toute l’information sur le site.

Cessez d’être autocritique

Cessez d’être autocritique

Cessez d’être auto-critique !

Nous connaissons tous des personnes qui exigent beaucoup d’elles-mêmes mais il est parfois difficile d’admettre que nous aussi, nous nous identifions à nos attentes et que celles-ci sont trop élevées. Parmi les leaders c’est un cas fréquent, qui renforcé par le stress, alimente un besoin de dépassement permanent. Certains, selon leur position dans la hiérarchie, vont reporter ce besoin sur les autres et ne supporter aucune erreur ou défaillance, comme si chacun devait être à tout instant un modèle de performance absolue. D’autres vont s’en prendre à eux-mêmes et bien que leur parcours professionnel soit tout à fait honorable, voire remarquable, ils vont avoir tendance à l’autocritique, comme un moteur censé les pousser de l’avant. « Après tout pour réussir, il ne s’agit pas de s’écouter mais d’avoir de la volonté et de l’endurance », pensent-ils. C’est une stratégie déterministe mais qui a ses limites lorsque la personne ne répond pas à ses propres attentes élevées et finit par se réprimander au lieu de comprendre sur quoi elle butte.

autocritique du leader

Qu’est-ce que l’autocritique saine pour un leader ?

L’autocritique saine intervient lorsque nous réalisons pourquoi nous avons échoué et comment nous aurions pu l’éviter. Elle nous permet alors d’assumer nos responsabilités, de corriger nos erreurs ou comportements et de repartir sur de nouvelles bases, même si parfois cela demande des ajustements successifs pendant quelques temps. L’autocritique devient dans ce cas, un moyen d’autoévaluation aussi bien des points positifs que négatifs, de nos activités, comportements ou sentiments.  Elle permet alors d’éviter de renforcer notre ego dans une situation qui nécessite au contraire du discernement de notre part et des actions correctives. On sait que l’autocritique est positive lorsqu’elle aboutit à un apprentissage ou à un dépassement de soi, notamment sur des projets à long terme qui nécessitent de rester motivé. Elle devient négative, voire toxique, lorsqu’elle aboutit à un cycle perpétuel de remises en cause personnelles, qui éveillent constamment deux émotions liées à l’autocritique : la honte et l’humiliation. Elle favorise alors un processus déjà en place au départ lié à une faible estime de soi-même.

autocritique du leader

Existe-t-il des moments où un leader est plus sujet à l’autocritique ?

Le leadership est une position qui amène une forme de solitude, d’incertitude et de stress qu’il est parfois difficile de combler selon les périodes de vie. L’autocritique tend alors à devenir plus courante pour certains, comme dirait l’adage « pour serrer les dents, le temps que les difficultés passent ». Cependant ce ne peut pas être une stratégie à long terme, au risque de développer une forme de jugement excessif vis-à-vis de soi, des comportements sévères voire punitifs, une vision surdimensionnée de ses propres lacunes ou encore, de développer de la rumination et de l’anxiété. L’autocritique systématique aboutit à une moindre motivation et finalement à une perte  de performance. En s’aggravant l’autocritique systématique amène à un état d’inhibition qui empêche d’agir pour atteindre ses objectifs. Comment briser le cercle des pensées négatives sur soi et retrouver la confiance ?

autocritique du leader

Qui critique quoi ?

Si vous êtes fréquemment sujet à l’autocritique alors que vous êtes un leader compétent et toujours prêts à vous former et à progresser, c’est que vous avez besoin de porter attention au processus qui s’anime en vous dans ces moments-là et de le modifier progressivement, par une pratique constante de l’une ou l’autre des méthodes qui suivent dans cet article. En tout premier lieu, avant d’appliquer quelque recette que ce soit, demandez-vous ce que cache votre besoin d’autocritique et ce qui vous déçoit réellement. J’ai longtemps été sujette à l’autocritique jusqu’au jour où j’ai compris quelles étaient mes véritables attentes en tant qu’entrepreneure et en tant que femme : celles d’être heureuse et créative. Tant que cela n’avait pas été clarifié au fond de moi, j’avais tendance à substituer ces besoins en fuites permanentes vers des objectifs multiples et à travailler énormément en ne supportant aucune défaillance autour de moi, encore moins en ce me concernait. Epuisant à la longue :  tout simplement ! Quelle est votre « fuite » à vous ? Certains vont chercher le succès de manière effrénée alors qu’ils recherchent tout simplement à prouver leur valeur. D’autres vont vouloir être des spécialistes experts à l’excès, alors que leur attente fondamentale est d’être d’abord et avant tout compétent et reconnu comme tel. D’autres vont être dans un combat permanent, pour des tas de causes possibles, alors que leur besoin premier est de se protéger eux-mêmes… Lorsque vous êtes dans l’autocritique vous vous incriminez d’abord et avant tout de ne pas vous donner à vous-même ce dont vous avez besoin. Lorsque vous avez trouvé, donnez un nom à votre « critique » et chaque fois que vous relevez sa présence dans votre vie, rappelez-vous de votre véritable attente. Le jour où j’ai cessé l’autocritique pour tout et rien, j’ai acquis plus de profondeur, de créativité, de patience et de tempérance dans mes missions professionnelles.

autocritique du leader

Entraînez-vous

Ne nous cachons pas la face, la route peut être longue mais voici quelques astuces pour vous aider.

1️⃣ Évitez de généraliser

Tout le monde ne note pas vos défauts et vos manques. Cessez de penser que chacun voit vos failles et vos atermoiements intérieurs. C’est loin d’être le cas. Concentrez vous sur le premier point (réf. « qui critique quoi ? »).

✨ J’ai accompagné une fois un DG qui rencontrait des difficultés relationnelles fortes avec son président. Le président était lui-même accompagné par une autre personne que moi. Mon client, soumis une très forte pression et un stress élevé, parce que son poste était remis en question, s’autocritiquait durement sur le fait qu’il était un animateur d’équipes et non un politicien.  Or j’ai appris plus tard que c’était à la fois son expérience d’animateur d’équipes et sa capacité à être un fin politicien qui avait au contraire séduit son président, qui lui reprochait tout autre chose.✨

2️⃣ Pratiquez le jeu du « si »

« Et si à la place j’avais fait comme ceci ou comme cela… que se passerait-il à la place de ma situation actuelle ? Envisagez plusieurs hypothèses et testez les la fois suivante.

3️⃣ Elevez vos attentes

Cela peut paraître contre-intuitif mais en fait, en occupant vos pensées négatives par des un projet personnel, avec des buts élevés en lien avec vos valeurs, vos besoins profonds ou votre éthique professionnelle, vous transposez naturellement une énergie négative, en énergie constructive. Vous vous mettez alors dans un état d’esprit de construire votre voie professionnelle et de solliciter vos propres qualités pour cela. Fixez vous un but et prenez les commandes de votre avenir professionnel👇.

Isabelle Cham Conseil

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L’Ethique du leader ou comment savoir retirer un avantage compétitif à l’avenir

L’Ethique du leader ou comment savoir retirer un avantage compétitif à l’avenir

L’Ethique du leader ou comment retirer un avantage compétitif de l’avenir

Les leaders à l’ère de la disruption technologique

Dans notre précédent article nous avons posé la question de savoir si nous aurons encore besoin de leaders à l’horizon 2035 ? La réponse étant positive tout en précisant qu’il s’agira d’un autre type de leaders, une des questions qui se posent c’est de savoir ce qui les rendra plus compétitif sur le marché ? En dehors des soft skills citées habituellement par les RH ces dernières années, il y a une question clé qui est celle de l’éthique. En quoi l’éthique des leaders de demain devra-t-elle s’adapter aux nouvelles conditions de travail des équipes, garantira-t-elle l’usage à bon escient des technologies telles que l’IA, la robotique, les Objets connectés ? Et en quoi le rôle et les fonctions des futurs leaders seront-t-ils impactés par cette éthique ?

éthique du leader

Morale et éthique face à la montée de l’automatisation et de l’IA

Même si elle semble aujourd’hui loin, la crise financière de 2007-2008 était aussi, voire avant tout, une crise morale de nos sociétés, toujours poussée vers une compétitivité sans scrupule pour l’équilibre des marchés. Comment les technologies qui vont impacter les fonctions de leader demain, vont-elles poussé ces derniers à évoluer sans reproduire les excès passés ? En quoi s’intéresser à la morale et à l’éthique des organisations mais aussi des leaders eux-mêmes, aura-t-il un intérêt crucial dans les années à venir ? Ce sont ces questions que nous posons dans cet article.

 

« Former des Hommes à avoir de l’Esprit sans Morale, revient à créer une future menace pour les sociétés. »

 

Théodore Roosevelt.

éthique du leader

L’éthique : facteur de forte différenciation

La morale (ensemble des règles de conduite découlant d’une conception de la morale) et l’éthique professionnelle (la rectitude morale appliquée à une fonction ou une profession), sont équivalentes dans toutes les organisations même après l’arrivée de changements aussi importants que ceux liés aux évolutions technologiques. La différence aujourd’hui est que nous vivons dans un monde devenu transparent ou presque et que le manque de morale et d’éthique d’un leader finit toujours par ruiner les efforts des équipes et des organisations, en provoquant des scandales irréversibles. La morale et l’éthique s’inscrivent donc à l’avenir dans une économie post-numérique, comme des sources de différentiation et des avantages compétitifs réels. Un leader éthique n’agit plus uniquement avec l’obsession de la recherche de profit mais aussi avec une attitude éthique au-delà des revenus. Cela peut sembler naïf, voire impossible mais la génération des Millénials, parmi les futurs cadres dirigeants, entend clairement aujourd’hui choisir ses employeurs en fonction de critères basés à la fois sur la marque employeur, la culture en faveur d’un management libéré, collaboratif, favorisant l’action et de la notion culturelle du « droit à l’erreur ». Ils entendent aussi des engagements de l’employeur à des niveaux éthiques exigeants, en faveur de l’environnement, du climat, du social ou du business. Pour les organisations qui voudront éviter un turn-over rapide des leurs encadrements ou la fuite de talents, y compris pour aller se reconvertir dans d’autres métiers (réf. Notre article sur le Leadership Exodus), la question de la morale et de l’éthique doit être inscrite dans leur ADN, c’est-à-dire leur raison d’être partagée collectivement. Elle doit aussi se refléter dans l’attitude des dirigeants au plus haut niveau. Cette prise de position doit systématiquement s’accompagner de règles de conduites claires et partagées (rappelant les responsabilités des leaders : création d’un climat de confiance, transparence des informations, des règles, des attentes, des moyens d’évaluation, qualité des produits et services fournis aux clients…). L’impact se répercute forcément à tous les niveaux de l’organisation : l’image, la réputation, la qualité des relations, la capacité à retenir des talents, d’attirer des clients loyaux.

éthique du leader

Les règles courantes d’éthique des leaders

Ces règles sont non exhaustives et citées hors contexte. Selon la culture de l’entreprise, son marché, ses produits ou services, elles sont élargies ou focalisées. L’intérêt de les lister ici et d’avoir conscience qu’elles sont universelles, vous aide en tant que leader à les projeter sur la grille des 5 objectifs de vie proposés ci-dessus (dans l’illustration).

Règles courant d’éthique :

  • Diriger par l’exemple. Il est inconcevable de définir des politiques que les employés doivent respecter et ne pas les suivre soi-même.
  • Prendre position pour ce qui est établi comme juste à l’échelle de l’organisation
  • Tenir parole. Être fiable. Respecter ses promesses. Tenir ses délais importants. Être disponible pour les sujets importants.
  • Montrer de l’attachement au principe de bien commun.
  • Rester honnête même sans contrôle.
  • Toujours avoir des actions honorables même lorsqu’elles ne sont pas forcément populaires.
  • Rester loyal en dépit de la tentation et de la pression ou de la contrainte.
  • Ne pas faire de compromis sur les valeurs clés, même lorsque l’on est encouragé à le faire.
  • Prendre des décisions justes.
  • Communiquer honnêtement.
  • Accorder du crédit aux autres mais au bon endroit.
  • Afficher la cohérence de vos paroles et de vos actions ;
  • Traiter les autres avec respect.

Au-delà de ces règles de base, on retrouvera aujourd’hui des engagements plus orientés vers les environnements globaux (par exemple que tous les salariés d’une société internationale, soient traités et payés de la même façon que ceux du Siège), vers des questions d’engagements sociaux (ne pas autoriser le travail des enfants ou l’utilisation de produits toxiques ou nocifs pour l’Homme et l’environnement), vers des pratiques marketing (ne pas harceler des clients par des automatismes ou des programmes déviants) et vers des pratiques de communication (respecter les mêmes règles d’information en faveur de toutes les parties- prenantes).

Mettre toutes ces règles éthiques en perspective avec vos propres motivations professionnelles :

C’est-à-dire d’un côté avec votre raison d’être professionnelle (REP), voire personnelle (ce n’est pas inutile !) et vos 3 à 5 grands objectifs professionnels ou de vie( réf la grille en illustration ci-dessus).

 

« L’agrément de la raison ne suffit pas pour adopter une éthique. Il faut aussi l’adhésion du coeur. « 

 

Zaki Mubärak – Poète égyptien contemporain

Que signifie être un leader éthique de nos jours ?

En janvier 2017, IBM a développé pour son propre compte, un document appelé Principes de transparence et de confiance à l’ère cognitive, qui s’avère utile pour toute organisation engagée dans le développement de technologies comme l’IA. Dans les grandes lignes, ce document stipule que : 1) l’objectif de toute application ou programme qui utilise l’IA, doit avoir pour finalité d’augmenter l’intelligence humaine ; 2) l’organisation doit rester transparente sur l’utilisation des données privées, les méthodes et les analyses utilisées pour développer ses solutions ; 3) le client garde quoi qu’il arrive son propre business model et sa propriété intellectuelle ; 4) la mise en œuvre de l’IA engage également l’entreprise à développer les compétences autour d’elle, que cela concerne des étudiants, des salariés, des administrés ou des administratifs, pour leur permettre de rester performants dans leurs études, leurs fonctions et leurs métiers respectifs. Dans ce document également, les leaders ont été décrits comme « ayant une fonction clé dans la diffusion des valeurs et devant avoir le courage d’agir en faveur de celles-ci, pour le bien commun ».

 

La première étape de l’évolution de l’éthique est un sentiment de solidarité avec les autres êtres humains.

 

Albert Schweitzer – médecin et philosophe

 

Cette éthique renferme clairement des valeurs d’intégrité, de loyauté, de confiance, de considération des autres et de partage des pouvoirs et des responsabilités. Elle se veut être un ensemble de règles morales qui se tournent en tout premier lieu vers les autres – « servir les autres » – et créer un contexte où les employés comprennent clairement qu’il y a toujours des conséquences à faire passer son intérêt personnel en premier. En résumé, le leader du futur est une femme ou un homme comptable de cette éthique et doit prendre le temps de poser ses propres limites et ses propres valeurs pour bien comprendre celles dont il est responsable à titre collectif. Une étude créée par l’Institut for Corporate Productivity, intitulée Création d’une culture de haute performance, suggère fortement que cela commence par une prise de conscience individuelle de chaque leader. Cette culture doit aussi être guidée par les principes suivants : 1) tout commence au plus haut niveau hiérarchique ; 2) chaque leader doit modéliser le comportement qu’il attend de ses équipes ; 3) il doit établir des objectifs et des attentes clairs ;  4) il doit définir les modes de supervision des résultats à chaque étape du processus et les faire connaître clairement à ses équipes ; 5) enfin chaque leader doit accepter un retour à 360° pour rester performant, et être le plus souvent possible dans la disposition d’esprit d’être lui aussi challengé.

 

« Considérer les choses d’un point de vue éthique est une façon de transcender nos préoccupations égocentriques et de nous identifier au point de vue de l’univers, cet espace grandiose qui fait inévitablement naître un sentiment d’humilité chez tous ceux qui lui comparent leur propre nature limitée. »

Auteur inconnu mais j’ai trouvé la citation inspirante !

Si vous désirez aller plus loin sur votre propre éthique👇

Isabelle Cham Conseil

soutient le développement des dirigeants, des équipes et des organisations à travers la prospective, la mobilisation du leadership, la gestion du changement et la communication d’impact. Retrouvez toute l’information sur le site.

8 attitudes clés pour être créatif et s’adapter

8 attitudes clés pour être créatif et s’adapter

8 ATTITUDES CLES POUR ÊTRE CRÉATIF ET S’ADAPTER RAPIDEMENT

Si nous pouvions zoomer notre vie ou celle des personnes que nous connaissons bien, nous nous rendrions compte que nous pouvons réussir presque tout ce que nous avons à l’esprit, en peu de temps. Mais comme une grande majorité de personnes, nous nous limitons avec divers freins que nous nous fixons tout seuls. Cela s’exprime souvent par « je n’ai pas assez de temps pour accomplir ceci… » ou par « Je ne suis pas doué pour cela… » ou encore « J’ai plus à perdre qu’à gagner à essayer de … ». Nous le sentons pourtant : la vrai raison est ailleurs ! Manque de confiance, peur l’humiliation en cas d’échec, incertitude face à l’avenir… Alors dans cet article, je vous propose de commenter 8 attitudes que vous pouvez cultiver pour accomplir sans délais ce que vous désirez réellement et arrêter de douter de vous ou de procrastiner.

être créatif

01/ Stop aux ambitions absurdes

Ce que j’entends par là, c’est d’abord de se fixer des objectifs qui ne sont pas véritablement les vôtres. Vous savez : ce fameux chant de l’environnement qui depuis votre enfance sait mieux que vous ce que doit être votre avenir et votre bonheur. Vous n’êtes pas ici sur terre pour faire plaisir à qui que ce soit. Vous êtes ici c’est tout, en devant affronter diverses situations liées à notre époque. En prime vous avez hérité d’un ADN et d’un milieu d’origine qui tous deux, vous ont permis de développer des capacités et des réponses à votre environnement. Il est compliqué de s’en désolidariser à 100% mais il n’est pas impossible au cours de votre vie, de prendre le recul nécessaire pour investir totalement ce qui vous apporte le sentiment d’être à votre place, plein de ressources et heureux d’agir au quotidien. Certes nous ne faisons pas tous ce que nous avons rêvé de faire enfant mais ce n’est pas un problème en soi. Nos idées à l’origine n’étaient pas enrichies de notre expérience actuelle et nous ne menions pas nos réflexions avec toutes les contraintes que nous avons aujourd’hui. De nos jours, nous sommes bombardés d’informations via les réseaux sociaux, qui nous conduisent à rêver d’un autre nous-même, plus fort, plus audacieux, plus valeureux, parcourant la planète et créant de l’impact partout où nous posons les pieds. Revenons à la raison ! Chacun est différent et chacun a des problèmes sur lesquels il n’a pas de prise. Nous créons et organisons notre vie aussi avec ce nous sommes et c’est souvent déjà très courageux. Ne nous rajoutons pas de fardeaux en cherchant même inconsciemment à pousser nos limites au dehors de ce pour quoi nous sommes véritablement doué. Les personnes que vous admirez et qui peut être vous inspirent certaines ambitions personnelles, ont aussi leurs contraintes au départ. Elles cultivent leurs ambitions à partir de celles-ci. Faites-en de même. Ne vous laissez pas influencer par des modèles ou des idées irréalistes.

02/ Recadrez vos modèles

Je le répète très souvent : nous ne sommes pas responsables des émotions des autres mais nous sommes responsables des nôtres. Cela passe très souvent par une exploration de nos modèles subconscients, qui ont l’art de se manifester lorsque nous nous y attendons le moins – c’est-à-dire lorsque nous sommes en décalage avec ce que nous désirons ou lorsque nous connaissons un échec. Cela peut être à l’occasion d’une épreuve, d’une déception, ou encore d’une rencontre qui ne nous apporte pas le sentiment d’être bien ou encouragé dans nos efforts. Cela arrive souvent lorsque nous sommes en situation de créativité. Si nous ne pouvons pas éviter le problème à 100%, nous pouvons en revanche mieux nous connaître et accepter nos limites. C’est l’effort d’une vie ! Rien n’est jamais acquis dans ce domaine mais on progresse tout de même et certains signes nous mettent sur la voie. Le plus important est qu’en travaillant sur notre subconscient, nous libérons plus facilement notre créativité et nos facultés d’adaptation.

03/ Pratiquez la contre intuition

Apprenez à travailler dans des environnements contre intuitifs. J’aime l’adage chinois qui dit “lorsque tu tourne en rond, brise le cercle !”. Nous pouvons le comprendre de différentes façons mais j’aime à le mettre en perspective avec l’idée que lorsque l’on ne réalise pas nos rêves et nos projets, c’est que nous tournons nous aussi en rond, au milieu du même environnement et des mêmes habitudes de pensées. J’ai moi-même fait cette expérience à plusieurs reprises dans ma vie, notamment en cherchant à créer ma société. Tant que je pensais comme une salariée que j’étais, je ne pouvais faire le pas vers l’entrepreneuriat. Le jour où j’ai commencé à fréquenter des entrepreneurs, j’ai démystifié beaucoup de mes craintes et je me suis mise au travail. En évoluant dans un milieu qui ne fonctionnait pas avec mes paradigmes habituels, cela a rendu ma réflexion bien plus créative. Le prix est toujours l’inconfort : c’est donc ce qu’il faut admettre et dépasser. Il en va de même pour tous les grands créateurs de tous les temps. Leur intuition et leur imagination prennent leur envol lorsqu’ils quittent un milieu qui les astreint trop à penser selon un schéma directeur établi. C’est parfois en voyageant, en travaillant avec des environnements professionnels différents. Il arrive que cela se produise aussi au fond d’une geôle (réf. Nelson Mandela) ou au cours d’une crise personnelle (Réf. Edison, Jung, Ghandi, ML King…). Sans en arriver là, l’idée est de comprendre que nous sommes nourris dans notre créativité, lorsque les choses ne sont pas exactement à la place où nous les mettons habituellement. Dont acte !

04/ Ne vous comparez pas

Comparez votre processus à celui de ceux qui réussissent. Ne vous comparez pas, pour autant à eux ou à leurs choix. Si vous avez des enfants autour de vous, c’est sans doute quelque chose que vous avez pu déjà observer. Lorsque vous montrez à un enfant comment réaliser quelque chose, il va le faire à sa manière avec succès. Si vous lui montrez le résultat que vous attendez, il va perdre pied. C’est exactement la même chose au cours de notre vie. Lorsque nous sommes orientés « processus », c’est-à-dire comprendre ce qui fonctionne le mieux pour obtenir ce que l’on désire, nous réussissons vite, avec nos moyens et nos talents propres. Lorsque nous cherchons à obtenir le même résultat que quelqu’un qui nous sert d’exemple, nous échouons lamentablement, parce que généralement nous projetons sur cette personne les qualités que nous aimerions avoir et qui ne sont pas notre point fort. Le processus est toujours sous notre contrôle et conduit au résultat. Le résultat des autres n’appartient qu’à eux-mêmes. Ne vous laissez pas submerger par leur exemple. Lorsque vous étudiez le processus de ceux que vous cherchez à imiter, n’essayez pas de tout faire. Chacun a sa propre stratégie. Même ceux qui sont au sommet de votre domaine ont des stratégies imparfaites. Trouvez les modèles qui fonctionnent chez eux et les choses clés que vous devez maîtriser. Maîtrisez-les au départ mais ensuite, innovez au-delà de ces modèles lorsque vous êtes prêt, de sorte que votre processus dépasse celui de ceux que vous admirez. Cela s’applique naturellement aux parcours et programmes que je propose ici. A partir de la méthodologie que je vous propose au départ pour trouver votre voie ou gérer votre défi actuel, cherchez ensuite au delà de vous approprier la méthode, de faire encore mieux avec vos propres ressources et expériences.

05/ Apprenez pour appliquer

La clé du succès n’a jamais reposé sur une connaissance encyclopédique mais sur la capacité à matérialiser ce que nous apprenons. Nous apprenons d’ailleurs d’autant mieux que nous appliquons rapidement nos connaissances. C’est un principe aujourd’hui admis communément. Petite, on me répétait que si je voulais mémoriser définitivement un nouveau mot, je devais m’exercer à le placer au moins 3 fois dans une phrase différente, au cours des jours qui suivaient. Cela donnait parfois des choses cocasses mais j’ai appris la leçon rapidement. L’important est de transférer vos nouvelles connaissances dans le monde réel, sans quoi, elles restent subjectives. Je ne peux que vous encourager moi-même à vous cultiver et vous former régulièrement. Je suis une adepte de la formation continue depuis toujours. Même entrepreneure, j’ai toujours consacré un temps suffisant à me former dans divers champs d’application. Cependant il est aussi important d’intégrer une connaissance en l’adaptant à notre domaine d’action. Cela la rend réellement intelligente et opérante. Nous obtenons aussi grâce à cette attitude, un retour d’expérience qui fait évoluer cette connaissance, en véritable expertise.

06/  CREEZ POUR MIEUX CHOISIR

C’est une idée fausse que de penser que l’on choisit mieux en réduisant dès le départ le nombre de choix possibles. Nous devons cette croyance à une idéalisation de la rationalité, qui conduit à adopter la première bonne idée qui passe, sans quoi nous serions « des éternels hésitants ». En fait, tout au long de notre existence, nous ne cessons de nous adapter à notre environnement, en combinant de nombreuses options possibles. Plus nous apprenons à penser et agir selon ce processus, plus nous ouvrons le champ des possibilités. Certains diront que c’est difficile de choisir entre trop d’idées. Il suffit de s’entrainer au discernement et à l’écoute de la sagesse de son coeur. Cela incite à ne pas agir sans cesse dans l’urgence. Tout cela s’apprend. Tous les créateurs de la Terre ont produit 10 fois, parfois 100 fois plus d’idées que leurs chefs d’œuvre. La quantité d’idées est le meilleur chemin vers la qualité. Plus vous produirez d’idées, plus vous en aurez. Certaines seront innovantes, d’autres originales. Peu importe. N’arrêtez jamais de créer.

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07/Une priorité à la fois

Comprenons-nous bien : si vous aimez comme moi faire plusieurs choses à la fois, ce n’est pas un problème. Cependant exercez-vous à n’avoir qu’une priorité à la fois et beaucoup d’organisation personnelle. Si vous ressentez trop de pression, recentrez-vous sur une seule chose essentielle pour faire avancer vos projets. Pratiquez la fameuse matrice d’Eisenhower ! Vous en trouverez des tas d’exemples sur internet. Pratiquez aussi la célèbre règle dite de Pareto, en identifiant les 20% d’activités qui produisent 80% des résultats que vous recherchez. A partir de là, intensifiez vos efforts sur ces 20% et prenez la peine de mesurer vos résultats pour les améliorer sans cesse. Quand on mesure la performance de nos actions, on le sait aujourd’hui, nos progrès s’accélèrent. Souvenez-vous du jour où vous vous êtes relevé la première fois, alors que vous marchiez à 4 pattes. Peut-être êtes-vous tombés plusieurs fois mais en concentrant vos efforts sur votre recherche d’équilibre, vous avez appris à marcher rapidement, puis à vous déplacer, puis à courir, puis à gagner peut être un marathon !

08/ Multipliez par trois vos objectifs

Démarrer quelque chose de nouveau dans notre vie nous donne toujours, qui que nous soyons, le sentiment que la tâche est démesurée pour nous seul. Nous avons beaucoup de choses à apprendre et il faut l’avouer, ce n’est pas le moment le plus opportun pour avoir confiance en soi. Tout créateur (même de sa vie !) souffre au départ d’un déficit de confiance en lui. Vous ne faites pas exception. Ce qui permet à certains de se dégager de ce sentiment, c’est à la fois de s’entourer correctement – parfois de savoir rester seul quelques temps pour protéger son idée – ; C’est aussi de travailler à détecter les bons processus chez ceux qui leur servent d’exemple, dixit ce qui a été dit précédemment ; C’est aussi leur capacité à évaluer leurs perspectives un peu plus haut ou plus long terme que ce qu’ils prévoient au départ. Sans cette méthode, le risque est de refaire à l’infini ce que l’on sait déjà faire à la perfection et donc de faire du sur-place. Progresser c’est avancer sous la contrainte mais si peu de gens comprennent le terme « contrainte » de la bonne manière. Il n’est pas question de devenir esclave d’une situation ou d’être persécuté par quelqu’un d’autre ou encore de faire des choses à contre cœur. Il s’agit de trouver en nous les ressorts nécessaires pour viser plus haut et se donner des ailes. C’est un savant mélange d’ambitions raisonnées (pour éviter ce que nous avons vu au point n°1) et de capacités à entretenir notre propre motivation. Souvenons-nous que la motivation repose sur trois facteurs : 1) savoir quelle valeur nous accordons à votre but final ; 2) croire que certaines de nos habitudes et attitudes contribuent à notre succès ; 3) croire que nous pouvons réussir à appliquer ces habitudes et attitudes avec une vision à long terme. Dans le cas contraire, faites-vous aider. Il n’y a rien d’anormal à cela et il faut savoir accepter l’aide d’un mentor, d’un accompagnateur du changement, d’un parent ou amis bienveillant (à condition qu’il ne projette pas ses angoisses sur vous). Essayez aussi la force du travail collectif. A plusieurs, on est souvent plus créatifs et plus réactifs, même en travaillant chacun sur son propre projet. C’est en tout cas comme cela que nous concevons les choses au sein de Spark Life Success.

En résumé, souvenez-vous simplement, que l’Etre humain est fortement adaptable et capable de beaucoup plus qu’il ne le croit généralement. Ce qui l’aide à progresser, c’est à la fois de ne pas avancer avec son seul point de vue et d’avoir une pensée latérale, extensible, en exerçant davantage sa créativité.

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Isabelle Cham Conseil

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